Comment Haïti doit faire son entrée dans « l’ère de l’après-pétrole » ?

La valorisation énergétique des déchets en Haïti constitue une porte ouverte vers une économie d’énergie fossile.

Si l’énergie est bien collectif désirable et nécessaire au fonctionnement d’une société, l’État Haïtien fait face actuellement à l’obligation de réviser sa consommation énergétique car, aucune planification stratégique de développement durable n’est possible sans la prise en compte des coûts projectifs du pétrole.

C’est ici qu’intervient la planification de forcer les structures de production à s’adapter aux nouveaux paramètres de sorte que l’impact sur l’environnement (physique et humain) soit minime et, aux citoyens, à adopter un autre mode de consommation, responsable. Conscients de l’impact de nos attitudes, de nos gestes sur le développement économique, social et environnemental, nous devons passer du stade de Consommateur à celui de Consom’acteur, car la consommation n’est pas un acte dépourvu de responsabilité. De fait, l’avenir de la planète, l’avenir du pétrole dépendra de la manière dont chacun d’entre nous vit.

L’énergie renouvelable est maintenant considérée par de nombreuses personnes à travers le monde comme une solution de développement rentable pour tous les pays énergétiquement vulnérables, à l’instar d’Haïti, car une dépendance énergétique sans prévision est une forte dépression économique et des ressources ligneuses.

Suite à l’invitation de la Mairie des Gonaïves, le 19 avril 2010, Biothermica a mené une mission technique en Haïti au mois de septembre 2010. Le rapport mission, intitulé Développement d’une décharge contrôlée aux Gonaïves pour la valorisation énergétique des déchets permet de transformer leur combustion ou leur fermentation en énergie, fait un compte rendu du contexte haïtien pour le développement d’un site d’enfouissement contrôlé.

Plus d’un Millon de tonne de déchets par an
Plus d’un Millon de tonne de déchets par an

En résumé, ce rapport fait état du manque d’infrastructures, du besoin de sensibilisation de la population et du manque de ressources disponibles du pays et à la municipalité des Gonaïves pour collecter et traiter dans un site d’enfouissement ses déchets solides. D’abord un grand handicap car une situation de prix trop élevés continue à entraver l’économie et le développement du pays. Il insiste également sur le manque de moyens municipaux pour assurer le financement des opérations de collecte des déchets et de gestion éventuelle d’un site d’enfouissement contrôlé et conclut sur la nécessité de mettre en place une structure d’accueil d’un tel projet qui soit dès le départ financée par l’aide internationale.

Le captage et la récupération du biogaz de décharge permet de limiter l’impact environnemental de la décharge en terme de rejets toxiques. La méthanisation des déchets organiques et des boues de station d’épuration La méthanisation est la transformation de la matière organique en méthane et gaz carbonique. Le méthane (biogaz) et le gaz carbonique vont être utilisés pour produire de l’électricité, de la chaleur, du carburant, ou intégré dans le réseau de gaz naturel. La valorisation énergétique des déchets contribue à l’économie d’énergie fossile et limite les émissions de gaz à effet de serre.

La modélisation mathématique de la production de biogaz a été réalisée en supposant une population de 300 000 personnes desservie sur le territoire d’implantation du projet, la commune des Gonaïves étant située de manière à pouvoir desservir cette population dans un rayon inférieur à 40 km. Cette distance paraît raisonnable quant au transport des déchets.

Dans le cadre du présent projet, les crédits de carbone seraient vendus sous forme d’Unités de Réduction de Carbone Équivalent (URCE) émis dans le cadre du Mécanisme de Développement Propre (MDP). L’électricité produite serait quant à elle vendue à Électricité d’Haïti (EdH).

Afin de réaliser la présente étude d’avant-projet, les activités suivantes ont été complétées :

  • Modélisation de la production de biogaz pour la période 2012-2050;
  • Évaluation du potentiel de production de crédits de carbone;
  • Évaluation du potentiel de production d’électricité;
  • Analyse financière préliminaire.

Cela confirme les déclarations faites cette année par la Banque mondiale, le FMI et ancien chef de la sécurité de l’ONU, Kofi Annan, qui ont tous fait valoir que les énergies renouvelables et combustibles fossiles ne sont essentielles pour améliorer l’accès à l’énergie et la réduction des inégalités, en particulier dans les pays en développement.

Plus tôt cette année, il a été révélé par l’Union of Concerned Scientists que certaines des plus grandes entreprises de combustibles fossiles de la planète se sont répandues à dessein la désinformation sur le changement climatique. Certaines des entreprises de combustibles fossiles inclus dans le rapport sont BP, Chevron, Conoco, ExxonMobil, Peabody Energy, Phillips, et Shell.

En fait, la demande, les difficultés techniques associées à l’exploitation du pétrole, la gestion de la rareté de la ressource, les contraintes environnementales, les pressions sociales, les problèmes stratégiques liés à son obtention, constitueront les mécanismes régulateurs et vont, dans ce cas, artificialiser le prix du baril de pétrole. Les pays pauvres, dans le contexte d’Haïti, seront, dans ce cas encore, fragilisés, marginalisés car la société moderne a rendu le pétrole, aujourd’hui, nécessaire dans tous les domaines de l’économie.

Avec une consommation des ménages a cru de 8% au profit de l’économie du mâché ouvert de la République Dominicaine, puisque nous importons plus de 2 milliard de dollar Américaine de produits et de services par ans pour satisfait 30% de nos besoins internes, frappé par de cyclones 2004,2008 et 2012 tout en se rappelant du séisme meurtrier 2010. Notre pays a du fait face a des chocs internes et externes, une consommation annuelle de Gaz à Pétrole Liquide (GPL) qui tourne autour de 7200 tonnes par ans….

Ce serait donc en profiter pour faire d’une pierre deux coups. Rien que l’approche citoyenne de la consommation de nos ressources et de nos modes de vie permettra la survie du pays et l’avancement de la société haïtienne vers une étape créatrice de bien-être collectif. Tout en impliquant de plus en plus le citoyen dans l’exploitation des méthodes de valorisation énergétique disponible au pays.

Aussi de faciliter l’évolution vers la décentralisation énergétique et une revalorisation de la fonction citoyenne afin de dynamiser la création de services énergétiques de proximité.Cependant, en dépit des meilleurs efforts des entre prises de combustibles fossiles comme Biothermica ,Bioénergie Haïti et autre pour répandre le déni climatique et prévenir la propagation des énergies renouvelables, ils ont commencé à se développer à une vitesse incroyable à travers le monde.

En fait, selon Christine Lins, Secrétaire exécutif du Réseau des énergies renouvelables pour le 21e siècle, « l’année dernière, pour la première fois en 40 ans, et la croissance économique des émissions ont découplé ».

Le réseau des énergies renouvelables a été récemment chargé de produire une étude globale de la croissance de l’énergie renouvelable au cours des 10 dernières années. Ce qu’ils trouvent maintenant, est tout à fait surprenant, même à ses auteurs.

Pour ce faire, une évaluation rigoureuse de la ressource biogaz est essentielle sur tout Hait tou en visant à contrôler environnemental ou sa valorisation. Cette évaluation de la ressource est garante du succès financier à long terme de son exploitation. Elle permettra d’optimiser les paramètres de dimensionnement des différents équipements pour le captage du biogaz et la production d’énergie.

Grâce à la technique d’échantillonnage de surface géoréférencée mise au point par Biothermica et autre depuis des années 90, nous pouvons évaluer les quantités réelles de biogaz émis à l’atmosphère.

Dans un tel contexte, et peut-être dès maintenant, il s’avère nécessaire certains changements comportementaux, de structures mentales. La société moderne, ces 150 dernières années, établi son mode de fonctionnement sur la consommation des ressources naturelles, des biens environnementaux, et une surconsommation de ces biens durant les 50 dernières années :

Joël D. Augustin

Agronome, Environnementaliste

Coordination de Terre des Jeunes et Bioénergie-Haïti

LAISSER UN COMMENTAIRE

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s